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Éducation somatique La conscience du corps

Les pratiques somatiques réunissent un ensemble de techniques centrées sur la prise de conscience du corps en mouvement. Élaborées, notamment dans le courant du 20ème siècle, par des scientifiques et des artistes qui pour la plus part ont subi des accidents de vie, elles sont actuellement investies par des danseur.seuse.s, musicien.ne.s, comédien.ne.s, etc. pour se préparer et par des chorégraphes et autres auteur.e.s dans leur processus de création. Ces pratiques sont de formidables outils pour travailler l’organisation du corps en son entier. Le mouvement est ainsi décomposé, décéléré et il devient possible d’en analyser les points dynamiques.

Dans ce numéro, Danse on air propose de s’intéresser de plus près aux pratiques somatiques à travers différentes dimensions : l’enfance, la composition, la transmission, le soin, etc. pour en révéler la dimension éducative, en observant leurs effets sur le travail des artistes et leurs modes de transmissions.

La question est la suivante : comment les pratiques somatiques enrichissent-elles le travail de création des artistes ? Découvrez dans ce programme des artistes, auteur·ice·s et chercheur·euse·s affirmant leurs approches somatiques du geste et leurs impacts sur les modes de transmissions. Ainsi “l’éducation somatique” participe par le biais de ces pratiques à amener le mouvement dans un ailleurs à travers un travail de corps renouvelé et un rapport au temps dilaté. Point de vue politique permettant de proposer un autre rapport au monde.

©DR
Somatiques en terrain social et politique par Isabelle Ginot

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Isabelle Ginot est enseignante chercheuse en Danse à l’université Paris 8. Dans cet article, elle développe une réflexion sur un questionnement rarement élaboré : Comment les somatiques engagent-elles une relation avec les questions sociales et les milieux sociaux où elles s’exercent, et quelles sont les figures du·de la pédagogue, praticien·ne, professeur·e, guide, qui peuvent émerger, comme instrument politique – ou au contraire, comme obstacle à un projet d’usage politique de ces pratiques ?

Elle s’est particulièrement appuyée sur le travail de Nathalie Hervé, artiste, danseuse improvisatrice, et praticienne de la méthode Feldenkrais, qui conduit des ateliers au sein d’un CNE (Centre national d’Evaluation, structure interne à l’administration pénitentiaire française). En effet, Nathalie Hervé développe un protocole de travail qui peut sembler paradoxal : à la fois un enseignement de séances Feldenkrais apparemment très orthodoxe vis-à-vis de la méthode, et un positionnement pédagogique transgressif vis-à-vis de cette même méthode.

Une commande de La Manufacture CDCN dans le cadre du programme de culture chorégraphique en ligne Danse on air

Pour en savoir plus sur l'auteure

Isabelle Ginot est enseignante chercheuse en Danse à l’université Paris 8 et praticienne de la méthode Feldenkrais. Elle est à l’initiative, avec l’association A.I.M.E / Julie Nioche, du laboratoire “Mouvements engagés”. Ensemble, elles ont initié et dirigé le DU “Techniques du corps et monde du soin”, à l’université Paris 8, de 2008 à 2018.

Ses recherches portent sur les pratiques “artistiques corporellement et socialement engagées”, sur l’analyse d’oeuvres en danse, et plus particulièrement sur les oeuvres mettant en scènes des artistes en situation de handicap; sur les pratiques somatiques, et sur les usages politiques et sociaux de la danse et des somatiques. Elle a dirigé l’ouvrage Penser les somatiques avec Feldenkrais (L’entretemps, 2014); codirigé avec Marie Bardet et Joanne Clavel Ecosomatiques. Penser l’écologie depuis le geste. ed. Deuxième Epoque, 2019; avec Philippe Guisgand, Analyser les oeuvres en danse. Partitions pour le regard. CND 2021. La plupart de ses travaux sont disponibles ICI.