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Dans les voix des Ballets russes

De Martha Graham à Maurice Béjart et de Pina Bausch à Dominique Brun, nombres de chorégraphes ont cherché à re-constituer, ré-inventer et s’approprier les danses des Ballets russes. On répertorie par exemple aujourd’hui à peu près 200 versions dansées du Sacre du printemps de Nijinski, œuvre jugée phare autant que transgressive en cette période. Il n’existe pas beaucoup de traces des Ballets russes, on compte quelques archives photo, écrit et témoignages, mais peu de partitions. Certaines des pièces renferment même une sorte de mystère donnant lieu à de véritables enquêtes pour permettre de reconstituer ces œuvres.

Mais alors, pourquoi ces danses fascinent-elles autant ? Qu’est-ce qui aujourd’hui, dans l’esthétique des Ballets russes, crée une véritable résonnance intime entre les interprètes et les spectateur·ice·s, donnant envie d’y revenir, encore et encore ? Il faut dire que les Ballets russes ont marqué l’histoire de l’art, en créant un dialogue entre les disciplines pour un « art total », réunissant à chaque représentation danse, musique, scénographie, théâtre, etc. Le décloisonnement artistique produit par les Ballets russes insuffle toujours dans le champ chorégraphique actuel une dynamique de création ne cessant d’estomper la frontière entre les arts.

Faire revivre l’âme des Ballets russes…en faire mémoire. Pour certain·e·s artistes comme la chorégraphe Lara Barsacq, cela se passe à travers la mise en lumière de figures féminines invisibilisées par l’histoire. Tandis que pour d’autres comme Dominique Brun, Mathilde Laroque ou encore Clarisse Chanel & Marcela Santander Corvalán cela s’opère dans la transmission et dans la parole des danseur·se·s, et une part de liberté d’interprétation laissée aux danseurs. Danse on air explore ces différentes voies à travers plusieurs témoignages, projets artistiques et histoires de danseur·euse·s qui participent à transmettre l’esthétique des Ballets russes à travers le temps.

Visuel ©Cédric Demaison
CAPSULE-DANSE #2 Danse Maolya mémoires et puissances de rééxistance

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Vers une micro histoire des danses de L’Océan Indien avec Florence Boyer

Ce mois-ci, nous avons proposé à 3 artistes Florence Boyer, Idio Chichava (en complicité avec l’artiste musicien Benoît Bottex) et Rani Nair de réaliser une capsule vidéo qui témoigne de leur rapport à l’histoire de la danse. Pour ce faire, nous les invitons à témoigner d’une géographie de l’histoire de la danse depuis leur point d’attache tout en s’interrogeant sur la manière dont celle-ci s’inscrit dans leurs paysages chorégraphiques intimes.

Florence Boyer – née en 1978 à la Réunion – est chorégraphe, interprète et anthropologue de la danse. Elle allie créations artistiques et recherches anthropologiques pour laisser des traces de cet imaginaire cosmopolite indian-océanique qui peuple ses créations au sein de la Compagnie Artmayage. Elle a mené en 2008 une recherche anthropologique sur la danse Maloya afin de laisser les premières traces scientifiques sur cette pratique culturelle héritée des escalavagisé.e .s à la Réunion.

Se questionnant sur l’historiographie de la danse Maloya, elle contribue à une réécriture des histoires et des mémoires issues de l’esclavage, sur les pratiques culturelles et les savoirs endogènes locaux, depuis un regard éclairé venant des Suds, de l’océan Indien.

Une commande de La Manufacture CDCN dans le cadre du programme de culture chorégraphique en ligne Danse on air

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Capsule de danse #2 par Florence Boyer